Atelier  Philo

Doit-on connaître pour maîtriser ?

Thème : Peut-on penser/maîtriser le changement ?

Mardi 2 Octobre  2012  à 20h30


Lieu : le Ness
3, rue Très-Cloître Grenoble

Séances précédentes :
La fonction du désir
Le corps, la jouissance et le langage
La jouissance au coeur des contraires
Bilan 2011/2012
Quelles règles ? Détermination du thème.
Peut-on penser/maîtriser le changement ?

image : Dieu-requin du Pacifique. Statuette en bois.

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Présentation de l'espace philo :

L’ATELIER PHILO…

Historiquement, « l’atelier philo » s’inscrit à la fois dans la continuité et la rupture des « cafés philo » des années 1995-2005.

-          Dans la continuité, car il ne s’agit pas de conférence, ni d’exposé, (même suivi d’un débat), de la part de quelqu’un qui, possesseur d’un savoir, viendrait le transmettre ; chaque participant, quelle que soit sa compétence, s’exerce à exprimer son propre point de vue, sur lequel il permet ainsi, à chacun, d’opérer un travail de compréhension et de critique.

-          Dans la rupture aussi, par conséquent, car ce travail en commun devient l’aspect principal de l’atelier.

Le thème retenu – actuellement : « Peut-on penser/maîtriser le changement ? » - ne change pas à chaque séance, mais se poursuit sur plusieurs mois, voire l’année…Il donne lieu à une présentation personnelle au début de chaque séance (qui peut être mise en ligne quelques jours avant la réunion), et chaque participant est invité à rédiger une « trace » (compte rendu ou réaction subjective) distribuée la fois suivante, mais également consultable sur ce site.

 

En introduction  à l'Atelier du Mardi 2 Octobre 2012  : Doit-on connaître pour maîtriser ?

La connaissance

En première approximation, on pourrait dire qu'une connaissance est le reflet d'une une réalité perceptible, c'est à dire que cette connaissance comprend, inclue (dans le sens ensembliste) une partie de cette réalité.

En regardant de plus près ce qui compose cette connaissance, nous devons affiner cette première approximation, car les connaissances sont composées de souvenir de perceptions, d' abstractions en formes, de rapprochement et de relation avec des connaissances antérieures, ... toutes de l'ordre de la pensée, et qui n'ont aucun lien direct avec l'objet de la connaissance tel qu'il se présente à un moment donné.

Ces connaissances, sont donc des pensées, propres, héritées, assemblées, fruits de la rencontre entre réalité , notre esprit et d'autres pensées, une pensée pouvant être vue comme une de ces réalités .

Il ne nous est pas donné de connaître la relation qu'il peut y avoir entre ces connaissances (donc pensées), et la réalité (présente) dont elle fait l'objet, la relation entre les deux est pour le moins indirecte .

Nous pouvons tout de même constater que ça marche : nos connaissances nous permettent d'anticiper l'apparition de certaines réalités ( connaître a priori ).

Maîtriser

Maîtriser, c'est : se rendre maître de, prendre le contrôle de.

Pour la plupart d'entre nous nous aimerions maîtriser les pulsions ou sentiments qui ne nous plaisent pas ( la colère, la tristesse ) , aussi son corps ( être en bonne santé, être capable de … ) , son environnement pour qu'il nous présente des choses agréables … etc, et que tout ça soit harmonieux ( que la maîtrise de l'un aide à la maîtrise de l'autre, ou en tout cas qu'elle ne s'y oppose pas ).

Dans la maîtrise il y a donc une relation de contrainte de la réalité : est est censée se conformer à une idée. C'est une relation active, agissante entre le nos pensées idées, désirs …) et le monde.

La prise de contrôle peut n' être que partielle : à défaut de pouvoir contrôler la durée de vie d'une pomme, on peut se contenter d'en produire une qui plaise à nôtre gout.

Dans ce cas il n'est pas nécessaire de contraindre totalement une la réalité, mais plutôt de contraindre l'idée que l'on s'en fait ( par exemple le goût ) à notre idée .

Il est plus raisonnable d'ailleurs d'envisager la maîtrise en la limitant de cette façon : une maîtrise partielle de son objet , mais totale de l'idée qu'on veut bien lui appliquer.

Ainsi maîtriser son art, n'est pas tant maîtriser un art, mais plutôt être en mesure de réaliser ses idées à propos de cet art, et que le résultat produit reflète quelque chose de conforme à son l'idée de sa réalisation.

Connaissance versus maîtrise

Selon ces vues, la Connaissance : idées, pensées à propos d'une chose, et Maîtrise : conformité des pensées qui naissent à la rencontre de la chose à des pensées antérieures, sont des concepts voisins, cousins : il ont pour objet des réalités perceptibles, et pour vecteurs (support ) des pensées.

La différence se situe dans l'interaction , la relation : l'une étant agissante et prédictive ( pour la maîtrise) , l'autre descriptive et prédictive ( pour la connaissance ).

Un autre différence est aussi dans la portée : la maîtrise ne produit que dans le champs des idées préalables, le résultat est contenu à un domaine de la pensée ( A donc A ) , tandis que la connaissance porte sur l'ensemble des pensées ( A et B donc C )

En revanche l' une entretien l' autre : à supposer que le monde soit totalement désordonné (ce qu'il est dans les faits : cf. "il n'y a de constant que le changement") , il n'y aurait pas de connaissance possible. Il faudrait de la maîtrise ( être capable d' ordonner le monde ) pour acquérir de le connaissance, et inversement, sans connaissance, il n'y a rien que l'on pourrait souhaiter, rien à vouloir reconnaître : la maîtrise deviendrait sans objet (rien qu'on puisse vouloir).

Il se trouve que le monde est ce qu'il est : pour une part ordonné, ses formes reviennent à nos sens , et certaines de ces formes nous conviennent mieux que d'autres , alors naturellement nous reconnaissons ces formes , et ces aspects qui nous plaisent, nous tentons de les maîtriser, de la faire revenir plus souvent. Nous apprenons donc à connaître ces choses d'abord, ensuite, pour certaines nous les maîtrisons pour connaître un monde plus à notre goût , et alors nous connaissons encore ce qui échappe à notre contrôle, etc …

Alors ?

Alors, faut il connaître pour maîtriser ? oui, on ne peut maîtriser que ce que l'on connaît, on ne peut imprimer un sens que si le sens existe dans nos pensées.

Et aussi peut-on connaître sans maîtriser ?oui, à première vue, il n'y rien d'actif, d'agissant dans la connaissance, et pourtant toute ces choses, toutes ces formes que l'on connaît, elles sont des idées, des photos du monde que l'on constate lui changer sans discontinuer. Alors qu'est ce qui revient, si ce ne sont nos idées ? Et si nos idées, nos pensés qui sont une réalité reviennent, cette constance, cette marque que nous imprimons sur le monde n'est elle pas une démonstration d'une certaine maîtrise volontaire ou involontaire ?

Stéphane (qui avait proposé le sujet)

àà noter :  Stéphane ouvre son Topo par une reproduction du Tableau de William Blake "l'enfer" (ou l'enfer de la connaissance) et le ferme par la photo d'un surfeur (sur une immense vague) : la maitrise.

 

En aval de l'Atelier du Mardi 18 Septembre 2012

Thème : « Peut-on penser/maîtriser le changement? »

Bonjour à tous,

mes notes (qui ne sont pas de synthèses) sur la session du 18 Sept :

Le monde qui nous est donné de voir change, c'est un fait.

Dans ses changements il nous offre aussi de la constance : nôtre mémoire identifie certains de ses aspects que nous pouvons retrouver, tout au cours de nôtre vie, et que l'humanité a aussi identifiée, tout au long de son existence. Le soleil en est un - de ces aspects constants et récurrents - que nos ancêtres on connus. L'électron en est un autre, que nos contemporains scientifiques peuvent reconnaitre .

Le monde nous montre ses aspects, et certains d'entres eux se représentent donc à nouveau.

Ces aspects récurrents sont ce que nous que nous appelons objets, ou bien mouvements ( la forme prise par les positions d'un objet ), ou encore onde ( qui ne s'identifie que par son mouvement ), ou énergie ( force , potentialité ), ou encore loi ( énoncé d'un aspect immuable de mémoire humaine ).

Un de ces aspects est le caractère cyclique des mouvements, qui rend prédictible l'aspect de ce que le monde nous montre , et qui reconnu comme étant dans un cycle. De ces cycles nous avons défini le concept du temps, et pas l'inverse. Le temps ne s'observe pas, il est un concept humain. S'il n'y avait pas de cycle, si le changement était partout, et en tout, nous n'aurions pas pu inventer le temps.

Il y a donc des 'choses' qui ne changent pas, et ces 'choses' nous n'en connaissons pas qui soient dans le monde que nous observons ( disons la matière ) , mais nous en connaissons beaucoup dans le monde des idées et des pensées ( les lois, les énoncés, les formes , … ) Je conteste donc ces affirmations qui semblent faire consensus : «Rien n’est permanent, sauf le changement » (Héraclite), « Il n’existe rien de constant, si ce n’est le changement » (Bouddha), sans quoi le temps ne serait pas concevable, et nous l'avons conçu et nous le concevons, même s'il est de l'ordre des pensées, des idées, des concepts …

Stéphane

Notes de l’Atelier du 18/09/2012 :

«  Peut on penser / maîtriser le changement ? »

Après lecture du très intéressant texte de présentation de ce thème, un large échange permet de lister un certain nombre de données, qui seront pour la plupart des angles d’attaque des sujets d’ateliers ultérieurs :

>> « le changement » ( modification, transformation, évolution…) est une constante

générale, incontournable, de tout être vivant, et de toute matière ( du cosmique au microscopique) ( cf. Héraclite ; Bouddha…). Ce caractère inéluctable a été conforté  et majoré dans notre société contemporaine, recherchant dans tous les domaines du possible une accélération permanente et de plus en plus rapide de tous les processus nous entourant.

  • Ses modalités, sont multiples ( et auront à être précisées).

Le changement concerne individuellement les sujets, les objets, dans des proportions variables ; il concerne également tout ce qui est «  autour » ( la nature, le monde, les sociétés, les cultures, les connaissances…etc, qui, toutes, évoluent), entraînant, en retour, des changements majeurs de l’individuel . Le changement fait partie des relations entre le singulier et le général, avec de multiples interfaces.

  • La perception du changement ( propre à l’espèce humaine ?…) est multiforme,

et souvent trompeuse. Le changement est une réalité souvent différente de ce que l’on « voit ». ( le changement : universel et général, face aux réalités : particulières).

Appréhender, interpréter, le changement est donc complexe, et fait l’objet

dd’approches différentes et souvent opposées . ( cf. différences entre les pensées  « Occidentales » et  « Orientales »). Le rythme ressenti du changement va de la « transformation silencieuse » à l’événement impromptu ( souvent fruit d’une plus ou moins longue maturation).

>> Penser / Maîtriser : plus précisément : Créer ou subir ? Liberté ou déterminisme ? Dialectique permanente entre 2 forces de changements :

*L’homme : constitutionnellement sujet de désir, et d’imagination, cherchant à améliorer, progresser, « créer » … ; ses expériences, ses incertitudes, son angoisse sont facteurs de changement. ( rôle des « idées », aboutissement de longs cheminements souterrains )/p>

* Tout ce qui l’entoure : la nature, le monde, les « autres », sa société de vie, sa technique, sa culture, ses croyances, ses convictions, ses idéologies…

  • Dans ces dialogues, les conceptualisations apportent des matériaux nouveaux,

facteurs importants d’élaboration et de maîtrise des changements, où l’homme est souvent partagé entre l’espoir et la peur « du changement » ( entre fantasmes idéalisés et leurres du conservatisme !).

De même, les sciences ( ex. des mathématiques) offrent également des exemples

dd’ approches à la fois déterministes et non déterministes des changements de compréhension du monde.

Dans le choix des sujets futurs , les relations entre le « temps » et le « changement » sont apparues fondamentales à aborder, avant des développements plus ciblés.

( i>D…). ).